Par Manuel LEICK-JONARD, Anna MAILLARD, Fiona MILLE, Charlotte TALPAERT et Romain ZAVALLONE

Si la défense de la biodiversité et de la vie animale ont toujours été au centre des combats écologistes, la reconnaissance de l’animal comme individu et la prise en compte éthique des animaux comme êtres sentients, c’est-à-dire comme capables d’éprouver des choses subjectivement, ont souvent été éludés par notre parti. 

Qu’il soit d’élevage, domestique, de loisir ou sauvage, l’animal est regardé, jugé et apprécié au regard de la catégorie dans laquelle l’Homme le fait appartenir. Mais la société change, et notre rapport au vivant et aux animaux non-humains également. La multiplication des associations et collectifs animalistes le témoigne. Toutefois, malgré sa reconnaissance en 2015 “d’être doué de sensibilité” et la multiplication de discours politiques sur le “bien-être animal”, le manque de respect envers les animaux reste criant. Elevage et pêche intensifs, corrida, chasse, cirques avec animaux sauvages, delphinariums, zoos ou expérimentations animales sont des illustrations de notre rapport mercantile et déshumanisé aux animaux, considérés comme des choses.

La condition animale est un véritable sujet politique qui définit notre rapport aux animaux mais qui traverse également l’ensemble des thématiques sociales et environnementales abordées par EELV. La question animale est évidemment au coeur des questions agricoles, et notamment inséparable de la question de l’élevage (qui contribue à 14,5% des émissions de GES selon le rapport du GIEC de 2019) et de la mise à mort dans le cadre des abattoirs, où trois millions d’animaux sont tués quotidiennement.

Penser la condition animale conduit ainsi à agir pour une transition alimentaire vers une alimentation moins carnée. Mais elle est aussi au coeur de l’éducation, par la mise en place d’une politique éducative intégrant les réflexions de l’éthique animale et de l’éthologie ; ainsi que de l’économie, avec les revenus liés aux loisirs animaliers. La condition animale est aussi au coeur des questions de santé et de solidarité, avec le rôle de médiateur joué par l’animal ; et aussi d’aménagement avec la place laissée -ou pas- au vivant dans notre conception des territoires.

Que ce soit à l’échelle locale, départementale, régionale, nationale ou européenne, notre parti doit devenir le porte-parole d’un nouveau rapport avec les animaux et agir pour que ces derniers soient respectés dans leur singularité et enfin reconnus juridiquement comme tels (reconnaissance de la personnalité juridique de l’animal).