Nous vivons un moment de bascule. Notre congrès des 16 et 30 novembre n’est pas un congrès comme les autres, il intervient dans un moment très particulier pour l’écologie politique. Car l’écologie revient de loin !

Depuis 45 ans, depuis la candidature de René Dumont en 1974, des scores fluctuants, mais une seule constante: nous avons toujours été minoritaires. Minoritaires dans la majorité, parfois. Minoritaires, dans la minorité,souvent.

Mais quelque chose est en train de changer !

Revenons un peu en arrière : 2018.

Le 20 août, Greta Thunberg entame la grève scolaire pour le climat.
Le 28 août, Nicolas Hulot démissionne du gouvernement Philippe.
En octobre, c’est le lancement du mouvement Extinction Rébellion.

Greta Thunberg et Extinction Rébellion sont le reflet d’une radicalisation de la prise de conscience écologiste, et d’un changement d’échelle géographique et sociale. La démission de Nicolas Hulot, elle, apporte une clarification fondamentale pour nous : il n’y a pas d’écologie sans les écologistes ! 2018 marque un tournant dans le débat public et les consciences.

26 Mai 2019 : nous réalisons un score meilleur qu’attendu aux européennes (13,48%), avec l’effacement du Parti Socialiste (6,19%) et de la France Insoumise (6,31%).

Juillet 2019 : 50 villes en France dépassent leurs records de chaleur. Le dérèglement climatique s’installe dans le quotidien des français.es. L’environnement devient leur préoccupation n°1 et un déterminant durable de leur vote.

Aujourd’hui, les sondages nous prédisent des scores encore meilleurs qu’aux Européennes : Lyon 22%, Montpellier 23%, Grenoble 32%, … Mais rien n’est encore gagné !


2019, le succès des Européennes

Souvenons-nous de 2009. Souvenons-nous de 2017. 2019 n’était pas écrit d’avance. L’échec du mandat Hollande nous a terriblement affaibli : perte de notre groupe à l’Assemblée, opportunisme, carriérisme, trahisons, démissions en série… Le temps où nous tombions de Charybde en Scylla n’est pas si loin. À chaque louvoiement stratégique, nous perdions adhérent.es et crédibilité, pour finir avec un mouvement exsangue à 4000 adhérents.

Au printemps 2018, nous étions à ce point discrédité.es que nous avons bien failli louper le coche des Européennes. Mais parce que l’époque exige de la clarté, nous avons rejeté – cela a été salutaire – la tentation de faire une alliance avec Benoît Hamon. Nous avons choisi l’autonomie, et Yannick Jadot pour incarner la responsabilité, l’ouverture et l’unité de l’écologie politique. Il l’a fait avec force et justesse. Il a porté haut les couleurs de l’écologie. Avec l’ensemble de la liste et tou.tes les militant.es qui ont donné leur énergie, il a fait le succès de ces européennes.
Un congrès pour réussir 2019-2022

Ce que nous vous proposons, c’est de poursuivre cette dynamique. La ligne qui a réussi hier, réussira demain, aux municipales, régionales et départementales : priorité à l’écologie, à la radicalité des solutions, à un projet de société post-croissance, résiliente et bienveillante, légitimité des écologistes à gouverner, et ouverture, car sur la base de ce projet, comme le dit Yannick Jadot, « il va falloir rassembler large »!

Ce que nous vous proposons, c’est aussi de renforcer la crédibilité de notre projet. Cette crédibilité, nous l’avons au niveau local, régional, européen, il nous reste à la consolider au niveau national sur les questions économiques, budgétaires, et sur les fonctions régaliennes : montrer, démontrer, que nous sommes autant, sinon mieux que d’autres, capables d’assurer la conduite des institutions publiques.

Ce que nous vous proposons, c’est de faire toute leur place aux jeunes et aux nouveaux.elles adhérent.es. Les 15-34 ans nous ont placé en tête de leur vote aux Européennes. Nous devons, conformément à nos valeurs et à nos engagements, leur faire une place dans nos instances dirigeantes, comme dans les autres partis verts européens. Nous incarnons cette volonté dans notre liste au Bureau Exécutif et dans nos candidat.es au Conseil Fédéral. C’est l’alliance de la jeunesse et des pionniers qui fait la force de notre mouvement.

Ce que nous vous proposons, ce sont des pratiques démocratiques renouvelées. Loin des pratiques référendaires qui ont prévalu dans la période récente, où les décisions étaient prises en comité restreint et les adhérent.es seulement sollicité.es pour les valider. Au contraire, nous voulons des décisions concertées, débattues en amont en régions par les adhérent.es, faisant appel aux méthodes sociocratiques et à l’intelligence collective.

Ce que nous vous proposons enfin, c’est de rassembler le parti. Rassembler, c’est respecter les statuts et les instances : groupes locaux, régions, Conseil fédéral. Rassembler, c’est prendre en considération les minorités, mener les débats sur les idées et dans le respect des personnes, sans passer en force. Rassembler, c’est garantir la stabilité juridique, sans changer les règles de désignation à la veille de chaque scrutin.

Nous sommes en train de gagner la bataille dans l’opinion sur le dérèglement climatique, sur les pesticides, sur la qualité de l’air, sur la végétalisation de la ville, sur les grands projets inutiles, …
À nous maintenant de nous organiser pour gagner la bataille dans les urnes. Un leadership renouvelé en est une des conditions. La première étape se joue le 16 novembre 2019. La participation à ce congrès sera l’un des marqueurs de notre mobilisation pour les échéances à venir.

Le temps de l’écologie est venu !