Par Morgan Jasienski, Eva Sas, Claire Grover

Le 6 novembre 2019, le Premier ministre Édouard PHILIPPE a annoncé 20 mesures du Gouvernement sur l’immigration. Il s’agirait, dit-il, d’assurer “un juste équilibre entre les droits et devoirs” mais — en même temps — de “reprendre le contrôle de notre politique migratoire” et “le sens général de [l’action du Gouvernement], c’est la souveraineté.”

Nous, écologistes, citoyen.ne.s, aidant.e.s, concerné.e.s pour certain.e.s, ne pouvons que nous opposer à une politique migratoire qui confine au populisme à la veille d’élections. Elle se borne à bander les muscles d’une fermeté de façade quand, pourtant et partout, les territoires accueillants ont largement démontré que des solutions concrètes à la crise de l’accueil existent.

Le mouvement de l’écologie politique s’est donné un certain nombre de valeurs et principes fondamentaux — jusque dans ses statuts — qui tendent à l’accueil des migrant.e.s quelle que soit leur situation administrative.

Attaché.e.s à la liberté de circulation, nous savons aussi que plus un parcours migratoire est rendu compliqué, plus les personnes migrantes sont exposées à des violences, que ce soit dans leur pays d’origine, dans la traversée ou dans le pays d’arrivée. Ainsi, la Méditerranée a fait un.e noyé.e toutes les 7 heures depuis le 1er janvier 2019.

Au nom de la lutte contre le racisme et toutes les formes de discriminations, nous exprimons toute notre inquiétude face à une politique de quotas qui ferait un tri inacceptable entre migrants “utiles” et “inutiles”. Nous accueillons des êtres humains, et non de la main d’oeuvre. Nous défendons un accueil et une solidarité active aux réfugiés politiques, économiques, environnementaux. De fait, nous refusons la binarité caricaturale entre “bon.ne.s” réfugié.e.s politiques et “mauvais.es” migrant.e.s économiques, ainsi que la non prise en compte du dérèglement climatique comme cause de déplacements forcés. 

Nous soutenons un droit à la santé tout au long de la vie pour les individus et nous alarmons de fait du délai de carence de 3 mois prévu par le Gouvernement afin de pouvoir bénéficier de la protection universelle maladie (Puma). Outre son caractère discriminatoire, cette mesure est un non sens particulièrement coûteux en termes de santé publique.

Enfin et plus largement, nous invitons les citoyen.ne.s et responsables politiques à résister aux perspectives utilitaristes du Gouvernement en matière de migrations au profit de plus d’humanisme. Véhiculer une telle idéologie nauséabonde est indigne de celles et ceux qui, hier encore, prétendaient d’ériger en rempart contre elle. Refusons le populisme migratoire !