L’Obs Politique
Par Rémy Dodet
Publié le 19 septembre 2019 à 09h57

Eva Sas lors d’une manifestation contre le harcèlement sexuel, le 11 mai 2016. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

EXCLUSIF. Eva Sas est candidate à la direction d’EELV : « J’ai toujours été sur la ligne Jadot »

L’ex-députée de l’Essonne, qui déposera une motion au congrès d’Europe Ecologie-Les Verts en novembre, espère succéder à David Cormand à la tête du parti. Elle explique ses motivations à « l’Obs ».

Eva Sas se lance. L’ex-députée de l’Essonne (2012-2017) annonce à « l’Obs » qu’elle va présenter une motion au congrès d’Europe Ecologie-Les-Verts (EELV) qui se tiendra en novembre. Une motion qui sera également défendue par David Belliard, le candidat d’EELV à la mairie de Paris, ou encore par l’ancien sénateur Jean Desessard.

Pourquoi voulez-vous diriger EELV ?

Je souhaite me présenter au poste de secrétaire nationale car je veux faire gagner les écologistes. Je veux les aider à accéder au pouvoir. J’ai été députée pendant cinq ans, j’ai été vice-présidente de la commission des Finances. Je pense pouvoir apporter mon expérience parlementaire et ma connaissance des dossiers, notamment sur les questions fiscales et budgétaires.

C’est ce qui vous a manqué jusqu’ici ?

Nous avons acquis une crédibilité sur toutes les questions environnementales : les pesticides, le nucléaire, la transition écologique… Ce qui nous a manqué, c’est de rendre lisible la cohérence de notre projet, y compris sur les questions fiscales et budgétaires. Si l’on veut passer d’une écologie de témoignage à une écologie de responsabilité, il est fondamental qu’on soit crédible sur ces questions.

Qu’est-ce qui vous distingue de Julien Bayou et Sandra Regol, les deux porte-parole qui se sont positionnés eux aussi pour le secrétariat national ?

A la différence de la direction sortante, j’ai toujours été sur la ligne portée par Yannick Jadot. J’ai une relation de confiance avec lui. Je peux apporter mes convictions et mes compétences sur le plan social. Nous sommes complémentaires. Je veux défendre une écologie radicale sur les solutions mais aussi réaliste.

Votre écologie est-elle compatible avec le capitalisme ?

Elle doit réguler le capitalisme et réduire les inégalités. C’est pour cette raison qu’on ne peut pas faire alliance avec des gens de droite. L’antienne du ruissellement et de la libération des énergies appartient au monde d’hier. Le laisser-faire va toujours à l’encontre de l’environnement. Nous sommes fondamentalement antilibéraux.

Tout le monde aujourd’hui se dit écolo. D’après la secrétaire d’Etat Brune Poirson, La République en Marche est aussi un parti écologique.

Tout le monde parle d’écologie, mais personne n’en fait. Nous ne partageons rien avec La République en Marche. C’est un parti libéral qui ne fait que du greenwashing. Sur la lutte contre les pesticides, la réduction du nucléaire, la transition énergétique. Toutes les questions environnementales ne sont jamais posées à la hauteur où elles le devraient. Quand on est écologiste, on doit faire passer l’environnement avant l’économie. Or je sais la perméabilité de La République en Marche aux lobbys.

Les écologistes n’accéderont pas au pouvoir tout seul. Avec qui faire alliance ?

Soyons clairs : nous n’avons pas vocation à rassembler les partis de gauche du XXe siècle. Nous avons toujours défendu l’égalité des droits et la justice sociale, mais l’écologie ne peut pas se résumer à un prolongement des combats de la gauche. On ne sera pas les supplétifs des uns ou des autres. Ce que nous voulons, c’est rassembler le camp progressiste autour de l’écologie. Il est trop tôt pour parler alliance ou coalition de projet. Nous devons d’abord bâtir la maison commune avec les partis qui ont l’écologie dans leur ADN. Je pense au MEI, Urgence écologie, Cap 21… Nous serons aussi très attentifs à la place des jeunes. Nous en aurons sur notre liste.